Santé publique et PMSI

Un exemple d’utilisation du PMSI : l’identification des séjours potentiellement évitables (Journées EMOIS 2014)

Nous relayons la présentation d’une étude menée au CHU de Montpellier sur la question assez neuve de l’identification des séjours potentiellement évitables, étude présentée par le Dr Grégoire MERCIER lors des dernières journées EMOIS qui se sont tenues les 3 et avril 2014 à la Cité Universitaire à Paris.

Levons tout de suite une ambigüité. Ce terme d' »Hospitalisation Potentiellement Evitable (HPE) » est un faux ami : il faut entendre par là un séjour déclenché en théorie pour « motif sensible aux soins primaires », donc un séjour pertinent pour l’hôpital mais qui aurait pu être évité si la prise en charge amont avait été plus pertinente. Exemple avec la décompensation de certaines maladies chroniques comme le diabète ou l’insuffisance cardiaque.

On voit là tout l’intérêt du PMSI dans un but de santé publique pour mesurer dans la durée l’amélioration de la prise en charge des soins primaires : plus cette prise en charge sera efficiente, moins il y aura de séjours HPE !

Toute la question va donc être d’identifier ces séjours HPE : c’est l’objet de cette présentation que nous vous invitons à consulter (lien ci-dessous).

Le travail présenté s’inscrit d’ailleurs dans le cadre d’un projet OMS en région Languedoc Roussillon.

En l’état actuel des recherches, il s’avère difficilen à l’heure actuelle, de proposer une définition universelle qui permettrait d’identifier simplement ces séjours, l’utilisation de 2 algorithmes donnant des résultats globaux très différents (2% de séjours en HPE dans un cas et 11,7% dans l’autre cas). Aussi le projet est-il orienté vers une prise en charge spécifique, en l’occurrence les maladies respiratoires chroniques.

Des travaux très intéressants qui se poursuivent, avec toute la prudence méthodologique qui s’impose, loin d’un fantasme gestionnaire réducteur qui consisterait à trouver une recette magique permettant de réduire facilement la part de ces séjours HPE à l’hôpital.

Sources :

JOURNÉES EMOIS PARIS 2014: HOSPITALISATIONS POTENTIELLEMENT ÉVITABLES EN FRANCE : COMMENT LES IDENTIFIER À PARTIR DU PMSI ? (durée vidéo : 19min36s)

Les autres présentations EMOIS 2014 : ici

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Etude « Améliorer la gestion des molécules onéreuses et valoriser la facturation des séjours hospitaliers associés »

Nous signalons la publication d’une étude produite par une équipe de l’Hôpital Nord Ouest de Villefranche-sur-Saône intitulée « Améliorer la gestion des molécules onéreuses et valoriser la facturation des séjours hospitaliers associés ».

Le résumé de l’étude :

Introduction

Depuis 2009, le système de régulation pour la maîtrise des dépenses des produits de santé hors Groupe Homogène de Séjour (GHS) s’est accentué et notre centre hospitalier s’est vu contraint pour la première fois par l’Agence régionale de santé (ARS) de conclure un plan d’action de maîtrise des dépenses.

Matériel et méthode

La mise en place de ce plan d’action s’est accompagnée d’une coopération entre le Département de l’Information Médicale (DIM) et la Pharmacie ayant pour objectif d’améliorer la gestion du bon usage des médicaments hors GHS, appelés molécules onéreuses (MO) dans ce travail, et de valoriser la facturation des séjours associés à leur utilisation.

Résultats

Au cours de l’année 2010, sur les 1793 prescriptions de MO recensées, 72 prescriptions correspondant à des situations exceptionnelles ont été identifiées (4 %). Les propositions de modification de codage effectuées par la pharmacie ont permis l’amélioration du codage de 82 séjours.

Discussion

Au départ, l’objectif de ce travail était d’effectuer un dépistage et un suivi des indications hors référentiels pour garantir à l’ARS que l’augmentation des dépenses de MO était justifiée. Finalement, cette coopération DIM-pharmacie a eu un impact financier pour 13 séjours de l’étude, avec un gain dépassant 30 000 euros sur une année.

Conclusion

Cette coopération DIM–Pharmacie semble indispensable pour la gestion et le bon usage des médicaments hors GHS.

Lien vers l’étude.

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Document de travail de l’IRDES : Qualité des soins et T2A : pour le meilleur ou pour le pire ?

Nous signalons la publication d’une étude de l’IRDES (Institut de recherche et documentation en économie de la santé), sous la forme d’un document de travail d’une vingtaine de pages, sur l’impact de la T2A sur la qualité des soins et notamment sur les modèles adoptés par d’autres pays pour intégrer la qualité des soins comme variable de la rémunération des établissements.

Entre autres, on trouvera dans cette étude :

  • Des retours d’expériences européennes et américaines d’intégration de critères qualité dans la T2A, notamment l’impact de la réduction des DMS induit par la T2A quant aux taux de réadmissions et de guérisons
  • L’exemple de l’Angleterre qui a introduit en 2009 des variables qualité dans sa T2A avec une part de financement lié à la qualité qui atteint 1,5% en 2010/2011.
  • L’exemple des États-Unis chez qui, à partir d’octobre 2012, les caisses d’assurance maladie diminuent les paiements des établissements – initialement jusqu’à 1 % – qui ont des taux de réadmissions à 30 jours plus élevés que la moyenne pour l’insuffisance cardiaque, la pneumonie et l’infractus de myocarde aigu

Précisons que ce document est une pré-publication scientifique, d’une certaine exigence intellectuelle. Il intéressera donc en priorité les médecins DIM et directeurs d’établissements rompus à ce type d’analyse.

Document de travail IRDES « Qualité des soins et T2A : pour le meilleur ou pour le pire ? »

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